L’infection à papillomavirus est fréquente et concerne aussi bien les hommes que les femmes. On estime ainsi que plus de 70% des hommes et des femmes sexuellement actifs rencontreront un papillomavirus au moins une fois dans leur vie (1). Cette infection est la plupart du temps transitoire et sans conséquence : elle n’engendre en général aucune maladie (1).

Néanmoins, dans un petit nombre de cas, lorsqu’elle persiste et qu’elle est due à certains papillomavirus dits à haut risque cancérigène (comme les HPV 16 et HPV 18), l’infection à papillomavirus peut aboutir à une lésion précancéreuse, voire à un cancer (1).

De quels cancers les papillomavirus peuvent-ils être responsables ?

En 2015, on estime en France à plus de 6300 le nombre annuel de nouveaux cas de cancers liés aux papillomavirus (3).
Ces cancers touchent les zones intimes des femmes et des hommes (vulve, vagin, col de l’utérus, anus et pénis) mais aussi des voies aérodigestives supérieures (bouche et gorge) (2).

Le cancer du col de l’utérus est , pour sa part, causé quasi exclusivement par les papillomavirus à haut risque cancérigène. L’HPV 16 est quand à lui le type HPV le plus fréquemment retrouvé (5,6).

Les lésions et cancers dus aux papillomavirus 2

Cancer du col de l’utérus = 2917 femmes
Cancer de la vulve et/ou du vagin =187 femmes
Cancer de l’anus = 1458 (1098 femmes et 360 hommes)
Cancer du pénis = 90 hommes
Cancer de la bouche & de la gorge 1682 (378 femmes et 1304 hommes) (3)

Les papillomavirus peuvent être responsables de cancers des zones intimes (vulve, vagin, col de l’uterus, anus et pénis) mais aussi des voies aérodigestives supérieures (bouche et gorge) (2)

Proportion de cancers dus aux papillomavirus (France, 2015) (3)
Les lésions et cancers dus aux papillomavirus 3

Parmi les cancers dus aux papillomavirus, quels sont les plus fréquents ?

Se faire dépister chez la femme 2

Le cancer du col de l’uterus est le cancer à papillomavirus le plus répandu (6). Il est principalement du aux HPV 16 et 18

Le cancer du col de l’utérus est le plus fréquent des cancers dus aux papillomavirus. Il représente le 4ème cancer de la femme dans le monde.
En 2018, environ 570 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus  ainsi que 311 000 décès ont été rapportés dans le monde (7).
Le cancer du col de l’utérus est quasi-exclusivement dû aux papillomavirus : un HPV est retrouvé dans près de 100% des cas de cancers du col de l’utérus (3,8).

Les HPV 16 et 18 sont les principaux responsables de cancer du col de l’utérus : ils sont à l’origine d’environ 70% de ces cancers (9).

Par ailleurs, selon une vaste étude internationale menée dans 38 pays ayant inclus plus de 1000 échantillons de cancers du col de l’utérus, environ 90% des cancers du col de l’utérus sont dus à 7 types de HPV à haut risque cancérigène, dont le 16 et le 18.

Environ

70%

des cancers du col de l’utérus sont dus aux HPV 16 et 18 (1,9)

Les cancers dus aux papillomavirus 4
Tous les ans (2)
∼ 3000

nouveaux cas de cancers du col de l'utérus

∼ 1100

femmes en meurent

Soit chaque jour
∼ 8

femmes diagnostiquées

∼ 3

femmes en meurent

2 types de prévention complémentaires
sont disponibles

La vaccination HPV a pour objectif de prévenir les lésions cancéreuses et/ou précancéreuses du col de l’utérus, de la vulve, du vagin et de l’anus dues à certains types de HPV cancérigènes.

En France, elle est recommandée et remboursée pour toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans et, dans le cadre du rattrapage vaccinal, pour les jeunes filles et jeunes femmes entre 15 et 19 ans révolus (10,11).

Le dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis cervico-utérin a pour objectif de diagnostiquer les lésions précancéreuses du col de l’utérus avant qu’elles n’évoluent vers le cancer (12).

Il est à noter que la vaccination ne remplace pas le dépistage par frottis qui concerne à la fois les femmes vaccinées et non vaccinées (10,11).

En savoir plus sur le dépistage du cancer du col de l’utérusEn savoir plus sur la vaccination papillomavirus

Comment une infection à papillomavirus se transforme-t-elle en cancer ?

Les cancers à papillomavirus mettent habituellement plusieurs années à se développer(6). Ils sont en général précédés de lésions précancéreuses (13)

51 ans

C’est l’âge médian des
françaises au diagnostic de
cancer du col de l’utérus (2)

Les cancers à papillomavirus mettent en général plusieurs années à se développer: un cancer du col de l’utérus, par exemple, met 15 à 20 ans à se constituer chez des femmes dotées d’un système immunitaire normal (6).

L’histoire naturelle du cancer du col de l’utérus commence par une infection causée par un HPV à haut risque cancérigène (notamment HPV 16 et 18). Dans environ 10% des cas, le virus n’est pas spontanément éliminé de l’organisme (1). L’infection devient persistante et peut entraîner une prolifération anormale des cellules et des altérations génétiques. Il y a alors un risque non négligeable d’évolution vers une lésion précancéreuse puis, dans certains cas, vers un cancer (14,15).

L’infection à HPV est un facteur nécessaire mais non suffisant au développement du cancer du col de l’utérus. D’autres facteurs environnementaux, sont également nécessaires (2).

Les lésions et cancers dus aux papillomavirus

Histoire naturelle du cancer du col de l’utérus. D’après CDC. Pinkbook.Human papillomavirus. (14)

Les lésions précancéreuses dues aux papillomavirus sont en général asymptomatiques. Le dépistage du cancer du col de l’utérus permet de diagnostiquer les lésions précancéreuses du col de l’utérus avant qu’elles n’évoluent vers un cancer (6,12, 16).

Par quels symptômes les lésions précancéreuses dues aux papillomavirus se manifestent-elles?

Les lésions précancéreuses, notamment les lésions précancéreuses du col de l’utérus, sont en général silencieuses. Elles sont dites asymptomatiques (6,16).

Les éventuels symptômes (saignements anormaux, pertes vaginales, etc… ) apparaissent tardivement, le plus souvent quand le cancer est déjà constitué et a atteint un stade avancé (6).

En l’absence de symptômes, le dépistage du cancer du col de l’utérus permet de détecter la présence de lésions précancéreuses ou cancéreuses grâce au frottis (examen gynécologique) (12). En France les autres cancers dus aux HPV à haut risque cancérigène ne bénéficient pas d’un dépistage de routine.

En savoir plus sur le dépistage

CANCERS DUS AUX HPV ET LÉSIONS PRÉCANCÉREUSES

Comme le cancer du col de l’utérus, les cancers de l’anus, de la vulve, du vagin, du pénis causés par les HPV à haut risque cancérigène sont eux aussi précédés de lésions précancéreuses (13). En revanche, la plupart des cancers des voies aérodigestives supérieures (bouche et gorge) ne sont pas précédés de lésions précancéreuses (17).

Références

  • 1-Santé publique France. Infections à papillomavirus. Aide-mémoire. http://invs.santepubliquefrance.fr/fr../Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Infections-a-papillomavirus/Aide-memoire
  • 2-INCA.État des lieux et des connaissances. Fiches repères. Papillomavirus et cancer. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Papillomavirus-et-cancer
  • 3-Shield KD, et al. New cancer cases in France in 2015 attributable to infectious agents: a systematic review and meta-analysis. Eur J Epidemiol. 6 déc 2017;1-12.
  • 4-InVS. Données épidémiologiques sur le cancer du col de l’utérus. Actualisation 2008 http://opac.invs.sante.fr/doc_num.php?explnum_id=3243
  • 5-Kreimer AR et al. Human papillomavirus types in head and neck squamous cell carcinomas worldwide : a systematic review. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2005;14(2):467-75
  • 6-OMS. Papillomavirus humain (PVH) et cancer du col de l’utérus. Aide-mémoire n°380. http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs380/fr/
  • 7-Bray F et al. Global Cancer Statistics 2018: GLOBOCAN Estimates of incidence and mortality worldwide for 36 cancers in 185 countries. CA Cancer J Clin2018;68:394–424
  • 8-Invs Données par localisation – Cancer du col de l’utérus (31/01/19) – http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-chroniques-et-traumatismes/Cancers/Donnees-par-localisation/Cancer-du-col-de-l-uterus
  • 9-Munoz N et al. Against which human papillomavirus types shall we vaccinate and screen? The international perspective. Int. J. Cancer 2004 : 111, 278 –285
  • 10-INCA. Dépliant Vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) dès 11 ans. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Depliant-sur-la-vaccination- contre-les-papillomavirus-humains-HPV
  • 11-Calendrier des vaccinations en vigueur
    12-INCA. Dépliant Dépistage du cancer du col de l’utérus. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Depliant-sur-le-depistage-du-cancer-du-col-de-l-uterus
  • 13-Cubie HA. Diseases associated with human papillomavirus infection. Virology. 2013 Oct;445(1-2):21-34.
  • 14-CDC. Pinkbook.Human papillomavirus. https://www.cdc.gov/vaccines/pubs/pinkbook/downloads/hpv.pdf
  • 15-Mougin C & al. Papillomavirus humains, cycle cellulaire et cancer du col de l’uterus. Gynecol Obstet Biol Reprod 1999;29:13-20
  • 16-CIRC. Guide pratique pour le dépistage des néoplasies cervicales. Chapitre 1. http://screening.iarc.fr/viavili.php?lang=2
  • 17-American Cancer Society. What Are Oral Cavity and Oropharyngeal Cancers? https://www.cancer.org/cancer/oral-cavity-and-oropharyngeal-cancer/about/what-is-oral-cavity-cancer.html