L’infection à papillomavirus humain (ou HPV) se transmet à l’occasion des contacts intimes et/ou des rapports sexuels. Lorsqu’elle est due à certains papillomavirus à haut risque cancérigène, comme les HPV 16 et HPV 18, l’infection persistante peut, dans un petit nombre de cas, aboutir à une lésion précancéreuse, voire à un cancer (par exemple, col de l’utérus, vulve, vagin et anus) (1). Ces cancers mettent plusieurs années à se constituer et sont pour la plupart précédés de lésions précancéreuses, qui évoluent le plus souvent de manière silencieuse (2,3,4).

Le cancer du col de l’utérus est le cancer à papillomavirus le plus répandu. Tous les ans, en France, on estime à près de 3000 nouveaux cas et environ 1100 femmes en meurent (1).

Ce cancer est, parmi les cancers dus aux papillomavirus, le seul à faire l’objet d’un dépistage de routine. Il n’existe pas de dépistage de routine pour les autres cancers dus aux papillomavirus.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus c’est quoi ?

90%

environ des cancers du col de l’utérus pourraient être évités en France si l’ensemble des femmes de 25 à 65 ans se faisaient dépister régulièrement (5).

Le dépistage du cancer du col de l’utérus est recommandé pour toutes les femmes de 25 à 65 ans (7,12).

Le dépistage du cancer du col de l’utérus permet de repérer le plus tôt possible d’éventuelles lésions précancéreuses au niveau du col de l’utérus et ainsi, de potentiellement prévenir l’apparition d’un cancer (5)

Les lésions précancéreuses du col de l’utérus ne se manifestent généralement par aucun symptôme (3,4). Quand des signes apparaissent, le cancer est souvent à un stade avancé. Il est donc important de surveiller la bonne santé du col de l’utérus en effectuant un dépistage régulier (3).

Le dépistage du cancer du col de l’utérus repose sur l’analyse de cellules prélevées au niveau du col de l’utérus, à l’occasion d’un examen gynécologique appelé frottis cervico-utérin.  Il permet de repérer le plus tôt possible d’éventuelles lésions précancéreuses au niveau du col de l’utérus, de les surveiller et/ou de les soigner et ainsi, de prévenir l’apparition d’un cancer. Si un cancer est détecté à un stade précoce, en général, les soins seront moins invasifs et permettront de mieux préserver la fertilité (5).

Le frottis est recommandé pour toutes les femmes de 25 à 65 ans. Ce test de dépistage doit être réalisé tous les 3 ans, après deux premiers tests réalisés à 1 an d’intervalle et dont les résultats sont normaux. Le dépistage s’adresse également aux femmes vaccinées contre les papillomavirus (5,14)

Un programme national de dépistage du cancer du col de l’utérus , organisé par les autorités de santé publique, a été mis en place en 2018. On estime que 17 millions de femmes de 25 à 65 ans sont concernées (6).

« Ce programme de dépistage a pour objectifs de réduire le nombre de cancers du col de l’utérus et la mortalité liée à ce cancer, et d’améliorer l’information ainsi que la qualité de suivi ou des soins. Il garantit à chaque femme un égal accès au dépistage du cancer du col de l’utérus sur l’ensemble du territoire et un niveau de qualité élevé. Il s’appuie sur les professionnels de santé assurant le suivi gynécologique des femmes concernées, principalement les gynécologues, les médecins traitants et les sage-femmes » (6).

Les femmes n’ayant pas réalisé de dépistage depuis plus de trois ans seront invitées à consulter un gynécologue, médecin traitant ou sage-femme afin d’effectuer un test de dépistage qu’elles sont libres d’accepter ou non.

Comment faire en pratique ?

Qui
contacter ?

Vous pouvez prendre rendez-vous auprès d’un gynécologue, d’un médecin généraliste ou d’une sage-femme. L’examen peut également être réalisé au sein des hôpitaux, des centres de santé, des centres mutualistes, des centres de planification et d’éducation familiale et par certains laboratoires de biologie médicale.

Comment se déroule
l’examen ?

L’examen (appelé frottis cervico-utérin) se fait en position gynécologique. Il est rapide (quelque minutes) et habituellement non douloureux. Le médecin prélève des cellules au niveau du col de l’utérus puis envoie le prélèvement pour analyse à un laboratoire spécialisé.

Que se passe-t-il
ensuite ?

Après quelques jours, vous recevrez vos résultats. Dans 96 % des cas, le résultat est normal. N’oubliez pas de refaire le test de dépistage tous les 3 ans ou 1 an après si c’est votre premier dépistage. Dans 4 % des cas, le résultat est anormal. Cela ne signifie pas que vous avez un cancer mais qu’une anomalie a été détectée. Votre médecin vous indiquera les examens complémentaires nécessaires et vous orientera, si besoin, vers un professionnel.

Combien cela
coûte-t-il ?

La consultation est prise en charge dans les conditions habituelles par votre caisse d’assurance maladie et votre complémentaire santé.
Si vous avez reçu un courrier d’invitation, le test de dépistage est pris en charge à 100% sans avance de frais.
Si vous bénéficiez CMU-C, la consultation et le test sont pris en charge à 100 % sans avance de frais et sans dépassement d’honoraires.

D’après INCA : Depliant sur le dépistage du cancer du col de l’uterus (6)

Doit-on se faire dépister quand on est vaccinée ?

La vaccination HPV et le dépistage du cancer du col de l’utérus sont 2 stratégies complémentaires de prévention du cancer du col de l’utérus (7,8)

Le dépistage du cancer du col de l’utérus 1

La vaccination HPV et le dépistage du cancer du col de l’utérus sont 2 stratégies complémentaires de prévention du cancer du col de l’utérus (7,8).

La vaccination, qui s’adresse aux jeunes filles de 11 à 19 ans, est une stratégie de prévention primaire du cancer du col de l’utérus: elle vise à prévenir l’infection par un HPV couvert par la vaccination.
La vaccination ne protège PAS contre TOUS les HPV. C’est la raison pour laquelle le dépistage par frottis doit continuer à être réalisé tous les trois ans de 25 ans à 65 ans chez les jeunes femmes vaccinées (7,8).

Au contraire de la vaccination, le dépistage n’empêche pas le développement de lésions précancéreuses mais permet leur diagnostic précoce (5). C’est une stratégie de prévention secondaire du cancer du col de l’utérus.

Prévention primaire

Le dépistage du cancer du col de l’utérus 2

HPV à haut risque cancérigène couverts par la vaccination (1)

En prévenant la cause du cancer du col de l’utérus, l’infection à certains papillomavirus cancérigènes, la vaccination papillomavirus devrait permettre de supprimer aussi les conséquences possibles : lésions précancéreuses et cancer (7).

Prévention secondaire

Le dépistage du cancer du col de l’utérus 5

Le dépistage du cancer du col de l’utérus n’empêche pas le développement des lésions précancéreuses et en permet leur diagnostic précoce. Il a pour objectif d'identifier les lésions précancéreuses avant qu'elles n’évoluent vers un cancer (5).

Que se passe-t-il si une lésion précancéreuse est détectée ?

Il n’est pas toujours nécessaire de traiter une lésion précancéreuse. Selon sa gravité, deux options sont possibles : surveiller la lésion jusqu’à ce qu’elle guérisse spontanément ou la supprimer. Le traitement des lésions précancéreuses de haut grade diagnostiquées par le dépistage nécessite en général une intervention chirurgicale appelée conisation. Cette intervention permet le plus souvent d’éviter le cancer du col de l’utérus mais elle peut être responsable d’un risque majoré d’accouchement prématuré (9,13)

La conisation est le traitement de référence des lésions précancéreuses de haut grade du col de l’utérus. Cette intervention consiste à retirer chirurgicalement une partie (de volume variable) du col de l’utérus.
Lorsque la lésion doit être traitée, le choix du traitement doit prendre en compte le désir de grossesse de la patiente. Quel que soit le traitement effectué, l’objectif est de retirer les cellules anormales pour empêcher que les lésions évoluent vers un cancer (11,13).

La conisation est un acte efficace, qui s’accompagne d’un taux de guérison de 90 à 95%. Néanmoins les patientes conisées conservent un risque ultérieur de cancer invasif augmenté par rapport à la population générale, ce qui impose une surveillance rapprochée pendant les années qui suivent l’intervention (10 ).

Même traitées, les lésions précancéreuses du col de l’utérus ne sont pas sans conséquences : l’impact psychologique est important.
Comme tout acte chirurgical, la conisation peut s’accompagner d’effets secondaires, comme par exemple des saignements ou des douleurs.

“ Si la conisation ne semble pas modifier la fertilité, elle pourrait dans certains cas cependant, légèrement augmenter le risque d’accouchement prématuré et de fausse couche du 2è trimestre (9,11)

Références

  • 1-INCA. État des lieux et des connaissances. Fiches repères. Papillomavirus et cancer. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Papillomavirus-et-cancer
  • 2-Santé publique France. Infections à papillomavirus. Aide-mémoire. http://invs.santepubliquefrance.fr/fr../Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-preventionvaccinale/Infections-a-papillomavirus/Aide-memoire
  • 3-OMS.Papillomavirus humain (PVH) et cancer du col de l’utérus. Aide-mémoire n°380. http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs380/fr/
  • 4-CIRC. Guide pratique pour le dépistage des néoplasies cervicales. Chapitre 1. http://screening.iarc.fr/viavili.php?lang=2
  • 5-INCA. Dépliant Dépistage du cancer du col de l’utérus. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Depliant-sur-le-depistage-du-cancer-du-col-de-l-uterus
  • 6-INCA. Dépistage Organisé. https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Se-faire-depister/Depistage-du-cancer-du-col-de-l-uterus/Un-nouveau-programme-de-depistage
  • 7-INCA. Dépliant Vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) dès 11 ans. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Depliant-sur-la-vaccinationcontre-les-papillomavirus-humains-HPV
  • 8-Calendrier des vaccinations 2018
  • 9-Baldauf JJ et al. Conséquences obstétricales des conisations à l’anse diathermique et facteurs aggravants. J Gynecol Obstet Biol Reprod 2013;42:513-540
  • 10-Mergui JL et al. Recommandations pour la surveillance des patientes traitées pour des lésions de haut grade du col utérin. J Gynecol Obstet Biol Reprod 2008;37S:121-130
  • 11-Kyrgiou M et al. Fertility and early pregnancy outcomes after treatment for cervical intraepithelial neoplasia: systematic review and meta-analysisBMJ 2014;349:g6192
  • 12-HAS – Actualisation du référentiel de pratiques de l’examen périodique de santé (Juin 2013) – https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1623735/fr/depistage-et-prevention-du-cancer-du-col-de-l-uterus
  • 13-INCA. Traitements des lésions précancéreuses. https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-col-de-l-uterus/Lesions-precancereuses/Traitements-des-lesions-precancereuses