Le dépistage du cancer du col de l’utérus c’est quoi ?

Le dépistage du cancer du col de l’utérus est recommandé pour toutes les femmes de 25 à 65 ans (6,11).

Le dépistage du cancer du col de l'utérus (CCU) permet de repérer le plus tôt possible d’éventuelles lésions précancéreuses et/ou un cancers afin de pouvoir agir le plus rapidement possible(4)

Les lésions précancéreuses du col de l’utérus ne se manifestent généralement par aucun symptôme (2,3). Quand des signes apparaissent, le cancer est souvent à un stade avancé. Il est donc important de surveiller la bonne santé du col de l’utérus en effectuant un dépistage régulier (2).

Le dépistage du cancer du col de l’utérus permet de repérer le plus tôt possible d’éventuelles lésions précancéreuses au niveau du col de l’utérus, de les surveiller et/ou de les soigner et ainsi, de prévenir l’apparition d’un cancer. Si un cancer est détecté à un stade précoce, en général, les soins seront moins invasifs et permettront de mieux préserver la fertilité (4).

Un programme national de dépistage du cancer du col de l’utérus , organisé par les autorités de santé publique, a été mis en place en 2018. On estime que 17 millions de femmes de 25 à 65 ans sont concernées (5).

« Ce programme de dépistage a pour objectifs de réduire le nombre de cancers du col de l’utérus et la mortalité liée à ce cancer, et d’améliorer l’information ainsi que la qualité de suivi ou des soins. Il garantit à chaque femme un égal accès au dépistage du cancer du col de l’utérus sur l’ensemble du territoire et un niveau de qualité élevé. Il s’appuie sur les professionnels de santé assurant le suivi gynécologique des femmes concernées, principalement les gynécologues, les médecins traitants et les sage-femmes » (5).

Les femmes n’ayant pas réalisé de dépistage dans les délais recommandés seront invitées à consulter un gynécologue, médecin traitant ou sage-femme afin d’effectuer un test de dépistage qu’elles sont libres d’accepter ou non.

Pour toute question sur le dépistage du col de l’utérus, renseignez-vous auprès de votre professionnel de santé

Comment faire en pratique ?

Qui
contacter ?

Vous pouvez prendre rendez-vous auprès d’un gynécologue, d’un médecin généraliste ou d’une sage-femme. L’examen peut également être réalisé au sein des hôpitaux, des centres de santé, des centres mutualistes, des centres de planification et d’éducation familiale et par certains laboratoires de biologie médicale.

Que se passe-t-il
après le test de dépistage ?

Après quelques jours vous recevrez vos résultats.
Votre médecin vous indiquera si des examens complémentaires sont nécessaires et vous orientera si besoin vers un professionnel.

Combien cela
coûte-t-il ?

La consultation est prise en charge dans les conditions habituelles par votre caisse d’assurance maladie et votre complémentaire santé.
Si vous avez reçu un courrier d’invitation, le test de dépistage est pris en charge à 100% sans avance de frais. Si vous bénéficiez CMU-C, la consultation et le test sont pris en charge à 100 % sans avance de frais et sans dépassement d’honoraires.

N’hésitez pas à contacter votre médecin si vous avez des questions

D’après INCA : Dépliant sur le dépistage du cancer du col de l’utérus (5)

Doit-on se faire dépister quand on est vaccinée ?

La vaccination HPV et le dépistage du cancer du col de l’utérus sont 2 stratégies complémentaires de prévention du cancer du col de l’utérus (6,7)
Le dépistage du cancer du col de l’utérus 7

La vaccination HPV et le dépistage du cancer du col de l’utérus sont 2 stratégies complémentaires de prévention du cancer du col de l’utérus (6,7).

La vaccination, qui s’adresse aux jeunes filles de 11 à 19 ans, est une stratégie de prévention primaire du cancer du col de l’utérus: elle vise à prévenir l’infection par un HPV couvert par la vaccination ainsi que l’ensemble des potentielles conséquences de cette infection (développement de lésions précancéreuses , puis de cancer).
La vaccination ne protège PAS contre TOUS les HPV impliqués dans le développement du cancer du col de l’utérus. Par ailleurs, bien que les vaccins HPV soient efficaces, aucun produit de santé n’est efficace à 100%. C’est la raison pour laquelle le dépistage doit continuer à être réalisé de 25 ans à 65 ans chez les jeunes femmes vaccinées selon la fréquence recommandée (6,7).

Le dépistage, quant à lui, contrairement à la vaccination, ne permet pas d’empêcher le développement de lésions précancéreuses, mais vise à les détecter précocement (4). Le dépistage est une stratégie de prévention secondaire du cancer du col de l’utérus.

Prévention primaire

En prévenant la cause du cancer du col de l’utérus, l’infection à certains papillomavirus cancérigènes, la vaccination papillomavirus devrait permettre d'éviter aussi les conséquences possibles de ces infections : lésions précancéreuses et cancer (6).

Prévention secondaire

Le dépistage du cancer du col de l’utérus n’empêche pas le développement des lésions précancéreuses mais en permet leur diagnostic précoce. Il a pour objectif d'identifier les lésions précancéreuses et/ou cancer du col de l'utérus (4).

Que se passe-t-il si une lésion précancéreuse est détectée ?

Il n’est pas toujours nécessaire de traiter une lésion précancéreuse.
Selon sa gravité, deux options sont possibles : surveiller la lésion car il est possible qu’elle guérisse spontanément ou la traiter.
Le traitement des lésions précancéreuses de haut grade diagnostiquées par le dépistage nécessite en général une intervention chirurgicale appelée « conisation ». Cette intervention permet le plus souvent d’éviter le cancer du col de l’utérus mais elle peut s’accompagner d’un risque majoré d’accouchement prématuré (8,12).

La conisation est le traitement de référence des lésions précancéreuses de haut grade du col de l’utérus. Cette intervention consiste à retirer chirurgicalement une partie (de volume variable) du col de l’utérus.
Lorsque la lésion doit être traitée, le choix du traitement doit prendre en compte le désir de grossesse de la patiente. Quel que soit le traitement effectué, l’objectif est de retirer les cellules anormales pour empêcher que les lésions évoluent vers un cancer (10,12).

La conisation est un acte efficace, qui s’accompagne d’un taux de guérison de 90 à 95%. Néanmoins les patientes conisées conservent un risque ultérieur de cancer invasif augmenté par rapport à la population générale, ce qui impose une surveillance rapprochée pendant les années qui suivent l’intervention (9).

Même traitées, les lésions précancéreuses du col de l’utérus ne sont pas sans conséquences : l’impact psychologique est important.
Comme tout acte chirurgical la conisation peut s’accompagner d’effets secondaires comme par exemple des saignements ou des douleurs. Elle peut également dans certains cas avoir des conséquences sur les futures grossesses

Le dépistage du cancer du col de l’utérus 8
“ Si la conisation ne semble pas modifier la fertilité, elle pourrait dans certains cas cependant, augmenter le risque d’accouchement prématuré et de fausse couche du 2è trimestre (8,10)
N’hésitez pas à contacter votre médecin si vous avez des questions

Références

  • 1-Santé publique France. Infections à papillomavirus. Fiche repère. https://www.e-cancer.fr/content/download/240202/3301879/file/Papillomavirus_et_cancer_mel_20180704.pdf Consulté le 20/03/2020
  • 2-OMS.Papillomavirus humain (PVH) et cancer du col de l’utérus. Aide-mémoire n°380. http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs380/fr/ Consulté le 20/03/2020
  • 3-CIRC. Guide pratique pour le dépistage des néoplasies cervicales. Chapitre 1. http://screening.iarc.fr/viavili.php?lang=2 Consulté le 20/03/2020
  • 4-INCA. Dépliant Dépistage du cancer du col de l’utérus. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Depliant-sur-le-depistage-du-cancer-du-col-de-l-utérus Consulté le 20/03/2020
  • 5-INCA. Dépistage Organisé. https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Se-faire-depister/Depistage-du-cancer-du-col-de-l-uterus/Un-nouveau-programme-de-depistage Consulté le 20/03/2020
  • 6-INCA. Dépliant Vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) dès 11 ans. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/ Consulté le 20/03/2020
  • 7-Calendrier des vaccinations en vigueur. https://solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/calendrier-vaccinal Consulté le 01/04/2020
  • 8-Baldauf JJ et al. Conséquences obstétricales des conisations à l’anse diathermique et facteurs aggravants. J Gynecol Obstet Biol Reprod 2013;42:513-540
  • 9-Mergui JL et al. Recommandations pour la surveillance des patientes traitées pour des lésions de haut grade du col utérin. J Gynecol Obstet Biol Reprod 2008;37S:121-130
  • 10-Kyrgiou M et al. Fertility and early pregnancy outcomes after treatment for cervical intraepithelial neoplasia: systematic review and meta-analysisBMJ 2014;349:g6192
  • 11-HAS – Actualisation du référentiel de pratiques de l’examen périodique de santé (Juin 2013) – https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1623735/fr/depistage-et-prevention-du-cancer-du-col-de-l-uterus Consulté le 20/03/2020
  • 12-INCA. Traitements des lésions précancéreuses. https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-col-de-l-uterus/Lesions-precancereuses/Traitements-des-lesions-precancereuses Consulté le 20/03/2020
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