La vaccination HPV, comment ça marche ?

La vaccination HPV vise à offrir une protection contre les types de HPV à haut risque cancérigène les plus fréquemment impliqués dans les cancers, comme les HPV 16 et 18, par exemple (2).

Après une vaccination HPV, des défenses, appelées anticorps, apparaissent dans notre corps, à la surface des muqueuses. Ces anticorps sont notamment présents dans le vagin, à la surface du col de l’utérus. Lors d’un rapport sexuel avec un partenaire porteur de l’un des papillomavirus couvert par la vaccination, les anticorps de la personne vaccinée se fixent sur les papillomavirus et les empêchent généralement de pénétrer dans les cellules, lui évitant ainsi d’être infectée (3).

En prévenant l’infection à certains papillomavirus à haut risque cancérigène, notamment les HPV 16 et 18, la vaccination prévient aussi les conséquences possibles de cette infection : certaines lésions précancéreuses et/ou certains cancers au niveau de la sphère ano-génitale.

Concernant la prévention du cancer du col de l’utérus, la vaccination HPV ne remplace pas le dépistage : les 2 moyens de préventions sont complémentaires. En effet, les vaccins disponibles ne protègent pas contre tous les types de HPV susceptibles de provoquer un cancer du col de l’utérus. Le dépistage reste donc nécessaire à partir de 25 ans, que les femmes soient vaccinées ou non (4,5).

Comment la vaccination papillomavirus protège-t-elle ?

Exemple d’une contamination par HPV16

Personne non vaccinée

La vaccination papillomavirus 5

Personne vaccinée

La vaccination papillomavirus 4
Pour autant, aucun vaccin n’est efficace à 100%.
Les vaccins papillomavirus ont pour mission d'empêcher les papillomavirus à haut risque cancérigène, les plus fréquemment impliqués dans les cancers, de pénétrer dans les cellules (3). Ils visent ainsi à prévenir l'infection contre ces types de papillomavirus et ses possibles conséquences au niveau de la sphère ano-génitale.

Qui est concerné ?

Recommandations générales

La vaccination papillomavirus est recommandée et remboursée pour toutes Les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans mais aussi, dans le cadre du rattrapage vaccinal, pour les jeunes filles et jeunes femmes entre 15 et 19 ans révolus (c’est-à-dire jusqu’à la veille de l’anniversaire des 20 ans) (5).

Pour des informations complètes sur les recommandations vaccinales en vigueur, référerez-vous au calendrier vaccinal en vigueur.

Consultez les recommandations particulières

Le rattrapage vaccinal, c'est quoi ?

Entre 11 et 14 ans, la très grande majorité des jeunes filles n’a pas débuté son activité sexuelle. Cette période constitue l’âge idéal pour la vaccination papillomavirus, tel que recommandé dans le calendrier des vaccinations du Ministère de la Santé.
Les jeunes filles n’ayant pas été vaccinées entre 11 et 14 ans gardent toutefois la possibilité d’accéder à une vaccination papillomavirus remboursée jusqu’à l’âge de 19 ans : on parle alors de rattrapage vaccinal (5).

Pour des informations complètes sur les recommandations vaccinales en vigueur, référerez-vous au calendrier vaccinal en vigueur.

Quel est le bilan de la vaccination HPV dans les pays qui l’ont adopté ?

-75%
La fréquence des lésions précancéreuses du col de l’utérus a été réduite de 75% chez des jeunes suédoises vaccinées avant l’âge de 17 ans (6)
La vaccination papillomavirus “a fait la preuve de son efficacité” sur les lésions précancéreuses, comme par exemple en Australie, en Angleterre et en Suède (où un nombre important de jeunes filles sont vaccinées) et, où elle a permis de faire baisser de façon importante le nombre de lésions précancéreuses du col de l’utérus dans cette population (6)

Après plus de 10 ans de vaccination, on observe, dans les pays où un nombre important de jeunes filles ont été vaccinées (Australie, Angleterre, Suède…) une diminution importante du nombre de cas de lésions précancéreuses du col de l’utérus (6).

La vaccination Papillomavirus en Australie

Une étude australienne a montré que la proportion de jeunes femmes infectées par les HPV couverts par la vaccination, à l’origine d’environ 70 % des cancers du col de l’utérus, a fortement diminué.
Elle est passé de 22,7 % en 2005-2007, avant introduction du programme de vaccination à 1,5 % en 2015 parmi les jeunes femmes de 18 à 24 ans, qui ont été nombreuses à être vaccinées (~80% d’entre elles) (9).

Ces résultats ont conduit l’International papillomavirus society (IpVS) à déclarer qu’une large couverture vaccinale contre les HPV combinée à une forte participation au dépistage du cancer du col de l’utérus, et à des traitements appropriés, permettrait à terme l’élimination du cancer du col de l’utérus comme problème de santé publique (1).

Australie, pourcentage de jeunes femmes de 18 à 24 ans infectées par les HPV 16 ou 18 (9)

La vaccination papillomavirus comporte-t-elle des risques ?

Depuis le lancement des vaccins HPV il y a maintenant plus de 10 ans, plus de 270 millions de doses de vaccins ont été distribuées dans le monde (7). L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a examiné la sécurité des vaccins anti-papillomavirus à plusieurs reprises (en 2007, 2008, 2009, 2013, 2014 et 2015) et dans son dernier rapport de 2017 a conclu de façon rassurante sur la sécurité de cette vaccination (7).
> 270

Millions de doses distribuées
dans le monde.
Plus de 10 ans de recul (7).

Comme pour tous les médicaments, les vaccins peuvent provoquer des effets indésirables. La plupart des réactions vaccinales sont mineures ou passagères. Les effets indésirables graves sont très rares et font l’objet d’un suivi et de recherches approfondies lorsqu’ils surviennent.
La déclaration des éventuels effets indésirables, qu’ils soient graves ou non, par les professionnels de santé et par les patients, permet de faire progresser en permanence la connaissance sur la sécurité des vaccins (11).

Il convient de se référer à la notice de chaque vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments pour en connaître les effets indésirables (8).

À savoir :
Il ne faut pas confondre les effets secondaires avec les contre-indications à la vaccination qui sont très rares.
Certaines personnes ne peuvent pas être vaccinées pour des raisons liées à leur état de santé. Ces contre-indications (maladie, grossesse pour certains vaccins, allergie…) sont bien connues et relatives à chaque vaccin : avant de prescrire puis avant de réaliser une vaccination, le médecin ou la sage-femme vérifie si la personne peut ou non être vaccinée au moment prévu.

Pour plus d’information, n’hésitez pas demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien (8).

En pratique, comment se faire vacciner ?

En fonction de l’âge, 2 ou 3 injections intramusculaires sont indispensables (5).

L’une des doses de la vaccination HPV peut être co-administrée avec d’autres vaccins, notamment avec le rappel dTcaP (diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite) prévu entre 11 et 13 ans ou avec un vaccin contre l’hépatite B, ainsi qu’avec le vaccin contre le méningocoque de sérogroupe C dans le cadre du rattrapage vaccinal (5).

Lorsqu’un retard est intervenu dans la réalisation du schéma vaccinal, il suffit de reprendre la vaccination où elle a été interrompue et de la compléter en tenant compte du nombre de doses manquantes et de l’âge de la personne au moment de la 1ère dose (5).

Voir le calendrier vaccinal
1

Accompagnez votre enfant chez votre médecin ou votre sage-femme et demandez la prescription d’une vaccination HPV (4).
2

Rendez-vous ensuite à la pharmacie avec votre ordonnance pour vous y procurer le vaccin. Chez vous, prenez soin de conserver le vaccin au réfrigérateur entre +2°C et +8°C (10).
3

Rendez-vous ensuite chez votre médecin ou votre sage-femme (ou chez une infirmière) qui administrera la première dose de vaccin à votre enfant (4).
4

Pensez à votre rendez-vous pour la prochaine dose, car seul un schéma complet permet de favoriser la prévention contre les infections aux HPV couverts par la vaccination.

Références

  • 1-Santé publique France. Infections à papillomavirus. Fiche repère. https://www.e-cancer.fr/content/download/240202/3301879/file/Papillomavirus_et_cancer_mel_20180704.pdf Consulté le 20/03/2020
  • 2-Santé publique France. Infections à papillomavirus. Aide-mémoire. http://invs.santepubliquefrance.fr/fr../Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/
  • 3-Stanley M. HPV – immune response to infection and vaccination. Infectious Agents and Cancer 2010, 5:19
  • 4-INCA Dépliant Vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) dès 11 ans. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Depliant-sur-la-vaccination-contre-les-papillomavirus-humains-HPV Consulté le 20/03/2020
  • 5-Calendrier des vaccinations en vigueur https://solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/vaccination/calendrier-vaccinal Consulté le 01/04/2020
  • 6-INCA. Vaccination anti-HPV et cancer du col de l’utérus. http://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Reduire-les-risques-de-cancer/Infections/Vaccination-anti-HPV-et-cancer-du-col-de-l-utérus Consulté le 20/03/2020
  • 7-OMS. Réunion du Comité consultatif mondial pour la sécurité des vaccins, 7-8 juin 2017. Relevé épidémiologique hebdomadaire 2017;92(28):393-404.
  • 8-Vaccination info service https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Infections-a-Papillomavirus-humains-HPV Consulté le 20/03/2020
  • 9-Machalek et al. 2018 – Very Low Prevalence of Vaccine HPV Types Among 18- to 35-Year Old Australian
  • 10-Santé Publique France. Comprendre la vaccination. http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1669.pdf Consulté le 20/03/2020
  • 11- L’ANSM et les vaccins – https://www.ansm.sante.fr/Dossiers/Vaccins/L-ANSM-et-les-vaccins/(offset)/0#vac Consulté le 26/03/2020
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