Les papillomavirus humains (ou HPV) se transmettent principalement par voie sexuelle, à l’occasion d’un rapport sexuel et/ou de simples caresses.

Certains HPV à haut risque cancérigène (comme les HPV 16 ou 18) peuvent, dans un faible nombre de cas, entraîner la formation d’une lésion précancéreuse, et parfois d’un cancer.

La vaccination papillomavirus est indiquée dans la prévention des lésions précancéreuses et/ou cancéreuses du col de l’utérus, de la vulve du vagin et de l’anus (1,2). Les cancers dus aux papillomavirus sont pour la plupart précédés de lésions précancéreuses. Ils mettent en général plusieurs années à se développer, évoluant de manière silencieuse, sans symptomatologie particulière (3,4).

La vaccination papillomavirus 12
La vaccination papillomavirus 13
D’après Santé Publique France (5)

Quels sont les principes généraux de la vaccination ?

Quand on fait une vaccination, on introduit dans le corps un microbe inactif ou très affaibli. Notre corps réagit à l’introduction de ce “faux microbe” en fabriquant des défenses appelées “anticorps”. Au cours de la vie, lorsque le corps rencontre le vrai microbe, il le reconnaît grâce au précèdent contact avec le microbe inactif qui était contenu dans le vaccin, et se défend immédiatement au moyen des anticorps, qui neutralisent le microbe, évitant ainsi que la maladie ne se développe (5). Pour autant, aucun vaccin n’est efficace à 100%.

La vaccination HPV, comment ça marche ?

La vaccination HPV vise à offrir une protection contre les HPV 16 et 18, qui sont les papillomavirus à haut risque cancérigène les plus fréquemment rencontrés (2).

Après une vaccination HPV, des défenses, appelées anticorps, apparaissent dans notre corps, à la surface des muqueuses. Ces anticorps sont notamment présents dans le vagin, à la surface du col de l’utérus. Lors d’un rapport sexuel avec un partenaire porteur de l’un des papillomavirus couvert par la vaccination, les anticorps de la personne vaccinée se fixent sur les papillomavirus et les empêchent généralement de pénétrer dans les cellules, lui évitant ainsi d’être infectée (6).

En prévenant l’infection à certains papillomavirus à haut risque cancérigène, notamment les HPV 16 et 18, la vaccination prévient aussi les conséquences possibles de cette infection : certaines lésions précancéreuses et/ou certains cancers.

La vaccination papillomavirus ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis. En effet, les vaccins disponibles ne protègent pas contre tous les types de HPV susceptibles de provoquer un cancer du col de l’utérus. Le dépistage reste donc nécessaire à partir de 25 ans, que les femmes soient vaccinées ou non (8,9).

Comment la vaccination papillomavirus protège-t-elle ?

Exemple d’une contamination par HPV16

Personne non vaccinée

La vaccination papillomavirus 5

Personne vaccinée

La vaccination papillomavirus 4
Pour autant, aucun vaccin n’est efficace à 100%.
Les vaccins papillomavirus ont pour mission d'empêcher les principaux papillomavirus à haut risque cancérigène de pénétrer dans les cellules (6). Ils visent ainsi à prévenir l'infection papillomavirus et ses conséquences possibles au niveau de la sphère ano-génitale.

Qui est concerné ?

Recommandations générales

La vaccination papillomavirus est recommandée et remboursée pour toutes Les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans mais aussi, dans le cadre du rattrapage vaccinal, pour les jeunes filles et jeunes femmes entre 15 et 19 ans révolus (c’est-à-dire jusqu’à la veille de l’anniversaire des 20 ans) (9).

Consultez les recommandations particulières

Le rattrapage vaccinal, c'est quoi ?

Entre 11 et 14 ans, la très grande majorité des jeunes filles n’a pas débuté son activité sexuelle. Cette période constitue l’âge idéal pour la vaccination papillomavirus, tel que recommandé dans le calendrier des vaccinations du Ministère de la Santé.
Les jeunes filles n’ayant pas été vaccinées entre 11 et 14 ans gardent toutefois la possibilité d’accéder à une vaccination papillomavirus remboursée jusqu’à l’âge de 19 ans : on parle alors de rattrapage vaccinal (9).

Quel est le bilan de la vaccination HPV dans les pays qui l’ont adopté ?

-75%

La fréquence des lésions précancéreuses du col de l’utérus a été réduite de 75% chez des jeunes suédoises vaccinées avant l’âge de 17 ans (10)

La vaccination papillomavirus “a fait la preuve de son efficacité” sur les lésions précancéreuses, comme par exemple en Australie, en Angleterre et en Suède (où un nombre important de jeunes filles sont vaccinées) et, où elle a permis de faire baisser de façon importante le nombre de lésions précancéreuses du col de l’utérus dans cette population (10)

Après 10 ans de vaccination, on observe, dans les pays où un nombre important de jeunes filles sont vaccinées (Australie, Angleterre, Suède…) une diminution importante du nombre de cas de lésions précancéreuses du col de l’utérus (10).

Australie, pourcentage de jeunes femmes de 18 à 24 ans infectées par les HPV 16 ou 18 (13)
La vaccination papillomavirus 14
La vaccination HPV en Australie

Une étude australienne a montré que le nombre de personnes infectées par les HPV à l’origine de 70 % des cancers du col de l’utérus, contre lesquels la vaccination offre une protection, a diminué. Il est passé de 22,7 % en 2005-2007 à 1,5 % en 2015 chez les jeunes femmes de 18-24 ans, où un nombre important de jeunes filles sont vaccinées. (13).

Ces résultats ont conduit l’International papillomavirus society (IpVS) à déclarer qu’une large couverture vaccinale contre les HPV combinée à une forte participation au dépistage du cancer du col de l’utérus, et à des traitements appropriés, permettrait à terme l’élimination du cancer du col de l’utérus comme problème de santé publique (1).

La vaccination papillomavirus comporte-t-elle des risques ?

Depuis le lancement des vaccins HPV il y a maintenant plus de 10 ans, plus de 270 millions de doses de vaccins ont été distribuées dans le monde (11). L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a examiné la sécurité des vaccins anti-papillomavirus à plusieurs reprises (en 2007, 2008, 2009, 2013, 2014 et 2015) et dans son dernier rapport de 2017 a conclu de façon rassurante sur la sécurité de cette vaccination (11).

La vaccination papillomavirus 15
270

Millions de doses distribuées
dans le monde.
Plus de 10 ans de recul (11).

Comme pour tous les médicaments, les vaccins peuvent provoquer des effets indésirables (ou effets secondaires). Les effets indésirables les plus fréquents sont une douleur, rougeur ou gonflement au point d’injection ou des effets généraux comme de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires. Les effets indésirables graves sont très rares et font l’objet d’un suivi et de recherches approfondies lorsqu’ils surviennent.
La déclaration des éventuels effets indésirables, qu’ils soient graves ou non, par les professionnels de santé et par les patients, permet de faire progresser en permanence la connaissance sur la sécurité des vaccins.

Il convient de se référer à la notice des vaccins, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des effets indésirables (12).

La vaccination ne doit pas être administrée en cas
– d’allergie aux substances actives et/ou à l’un des autres composants du vaccin.
– de réaction allergique après une précédente injection.

La vaccination doit être différée en cas de maladie aiguë avec fièvre.
Pour plus d’information, n’hésitez pas demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien (12).

Comment favoriser la protection contre les papillomavirus ?

Pour favoriser la protection, il est important de vacciner les adolescentes avant un possible contact avec le papillomavirus, c’est-à-dire le plus tôt possible(8).

Pourquoi vacciner dès 11 ans ?

L’âge de 11-14 ans permet de vacciner avant de risquer de rencontrer un HPV.
L’une des doses de la vaccination contre les infections à papillomavirus humains peut être coadministrée notamment avec le rappel diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite prévu entre 11 et 13 ans ou avec un vaccin contre l’hépatite B, ainsi qu’avec le vaccin contre le méningocoque de sérogroupe C dans le cadre du rattrapage vaccinal (8).

La vaccination est d’autant plus efficace que les jeunes filles n’ont pas encore été exposées au risque d’infection par le HPV (8).

Question / Réponse

L’infection à Papillomavirus humain 9

Le vaccin est-t-il remboursé ?

Le coût de chaque dose de vaccin est pris en charge à 65 % par votre caisse d’Assurance Maladie. Le reste  est généralement remboursé par les organismes complémentaires. La vaccination peut être gratuite dans certains centres de vaccination, municipaux ou départementaux. Pour les personnes qui bénéficient de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), la prise en charge est à 100 % et sans avance de frais (8).

En pratique, comment se faire vacciner ?

En fonction de l’âge, 2 ou 3 injections intramusculaires sont indispensables (9).

L’une des doses de la vaccination HPV peut être co-administrée avec d’autres vaccins, notamment avec le rappel dTcaP (diphtérie-tétanos-coqueluche-poliomyélite) prévu entre 11 et 13 ans ou avec un vaccin contre l’hépatite B, ainsi qu’avec le vaccin contre le méningocoque de sérogroupe C dans le cadre du rattrapage vaccinal (9).

Lorsqu’un retard est intervenu dans la réalisation du schéma vaccinal, il suffit de reprendre la vaccination où elle a été interrompue et de la compléter en tenant compte du nombre de doses manquantes et de l’âge de la personne au moment de la 1ère dose (9).

Voir le calendrier vaccinal
1

Accompagnez votre enfant chez votre médecin ou votre sage-femme et demandez la prescription d’une vaccination HPV (8).
2

Rendez-vous ensuite à la pharmacie avec votre ordonnance pour vous y procurer le vaccin. Chez vous, prenez soin de conserver le vaccin au réfrigérateur entre +2°C et +8°C (5).
3

Rendez-vous ensuite chez votre médecin ou votre sage-femme (ou chez une infirmière) qui administrera la première dose de vaccin à votre enfant (8)
4

Pensez à votre rendez-vous pour la prochaine dose, car seul un schéma complet permet de favoriser la prévention contre les infections aux HPV couverts par la vaccination.

Références

  • 1-INCA. État des lieux et des connaissances. Fiches repères. Papillomavirus et cancer. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Papillomavirus-et-cancer
  • 2-Santé publique France. Infections à papillomavirus. Aide-mémoire. http://invs.santepubliquefrance.fr/fr../Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Infections-a-papillomavirus/Aide-memoire
  • 3-OMS. Papillomavirus humain (PVH) et cancer du col de l’utérus. Aide-mémoire n°380. http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs380/fr/
  • 4-CIRC. Guide pratique pour le dépistage des néoplasies cervicales. Chapitre 1. http://screening.iarc.fr/viavili.php?lang=2
  • 5- Santé Publique France. Comprendre la vaccination. http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1669.pdf
  • 6-Stanley M. HPV – immune response to infection and vaccination. Infectious Agents and Cancer 2010, 5:19
  • 7-NIH. Human Papillomavirus (HPV) Vaccines. https://www.cancer.gov/about-cancer/causes-prevention/risk/infectious-agents/hpv-vaccine-fact-sheet#q3
  • 8-INCA Dépliant Vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) dès 11 ans. https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Depliant-sur-la-vaccination-contre-les-papillomavirus-humains-HPV
  • 9-Calendrier des vaccinations en vigueur
  • 10-INCa. Vaccination anti-HPV et cancer du col de l’utérus. http://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Reduire-les-risques-de-cancer/Infections/Vaccination-anti-HPV-et-cancer-du-col-de-l-uterus
  • 11-OMS. Réunion du Comité consultatif mondial pour la sécurité des vaccins, 7-8 juin 2017. Relevé épidémiologique hebdomadaire 2017;92(28):393-404.
  • 12-Vaccination info service https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Infections-a-Papillomavirus-humains-HPV
  • 13-Machalek et al. 2018 – Very Low Prevalence of Vaccine HPV Types Among 18- to 35-Year Old Australian